Compte-rendu de la soirée d’échange du 25 avril 2014 présentée par Emily DELESPAUX :

« Comment mieux vivre la perte de mon enfant en relation avec l’entourage ? »

Soirée d’échange du 25 avril 2014 : Présentation de Emily Delespaux, doctorante en psychologie à l’UCL Louvain-La-Neuve.

1) Réactions lors d’un deuil

Elles peuvent être affectives : colère, tristesse, dépression, solitude, culpabilité… ou comportementales : refuge dans le sommeil, dans le travail, dans le sport… ou encore cognitives : pensées incontrôlables qui tournent dans la tête, et enfin physiologiques : perte d’énergie, manque d’appétit, douleur, fragilité, faim… Ce qui est important c’est de prendre conscience que chacun aura une réaction qui lui est propre et qu’aucune réaction n’est mieux que l’autre. Il n’y a donc pas lieu de porter de jugement. La durée aussi varie d’une personne à l’autre, elle ne devient problématique que si elle empêche l’endeuillé de faire des choses essentielles pour lui. Il existe donc une multitude de réactions qui ont une durée variable, chacun vivant le deuil de manière unique.

2) Travail de deuil

Le travail de deuil est un mouvement entre 2 « planètes », celle de la perte (penser au décès, réfléchir sur ses émotions, redéfinir ses liens, déni) et celle de la restauration (faire attention aux changements de vie, planifier de nouveaux projets, se distraire, occuper de nouveaux rôles). Les femmes sont plus souvent dans la perte et les hommes dans la restauration. Il n’y a pas de bons ou de mauvais endroits, l’important est le mouvement entre les 2 pôles. Chacun « voyage » à son propre rythme selon son parcours propre. Comment faire pour vivre ensemble avec des ressentis et des rythmes différents ?

3) A l’écoute de soi, à l’écoute de l’autre

Il est important de pouvoir identifier sur quelle planète je suis et dans quel ressenti. Prendre conscience de où je suis et où en est l’autre pour pouvoir s’écouter et accepter les différences sans jugement sur moi-même ou sur l’autre ; cela aide à pouvoir communiquer sa position à l’autre et écouter celle de l’autre.

4) Maintenant où j’en suis ?

Pour répondre à cette question, j’examine – à quoi je pense ?

– Comment sont mes émotions ?

– Comment je me sens physiquement ?

– De quoi ai-je envie ?

dans l’instant présent, juste là ; j’essaie de rester dans le descriptif uniquement sans jugement. Ensuite je trouve une façon de communiquer ma réalité à l’autre.

La soirée s’est poursuivie par de nombreux échanges entre parents portant principalement sur la difficulté d’entendre les réactions parfois inadéquates de l’entourage, le sentiment d’isolement, la possibilité de dire ou pas ce que nous vivons et à qui le dire. Certains ont aussi souligné les facultés d’écoute et d’accueil face à la souffrance qu’ils avaient développées suite au décès de leur enfant.