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Parents désenfantés
Des parents parlent...
                               La relation à nos autres enfants

Pascale, notre quatrième enfant, est décédée d’une maladie inconnue, à l’évolution rapide.
Nos trois autres enfants étaient là, à la clinique, ce jour-là, près d’elle.

A l’époque de son décès, nos enfants avaient déjà quitté le toit familial, pour vivre leur vie.

Quatre ans plus tôt, notre couple avait divorcé.

Le déchirement et l’énorme douleur occasionnés par la disparition de Pascale à 24 ans, je l’ai vécu comme
une « implosion » ou une « explosion souterraine ». Ecrasé par la douleur, je pense être resté enfermé et
sans communication suffisante par rapport aux autres enfants…

Bien que vivant avec ma compagne, j’ai ressenti l’écrasement dans notre maison où tous les murs, les
portes, les escaliers rappelaient la vie antérieure avec les enfants dans la maison.  Je revis ces cris et paroles
d’enfants, puis d’adolescents, et bien sûr, tout particulièrement ceux de Pascale… Sa chambre, c’était son
monde…
Je veux dire par tout cela, que la cellule familiale étant déjà disséminée, je n’ai pas pu parler aux enfants
comme je l’aurais voulu, sans doute…
Alors, ce n’était qu’occasionnellement, lors d’une visite ou d’un coup de fil, que nous parlions. Cela m’a
paru, le plus souvent, trop court pour se dire à cœur ouvert.
C’est comme si la souffrance, à fleur de peau, colmatait les échanges qui ‘auraient pu’, qui  ‘auraient dû’,
être plus vrais, plus profonds…  Je le vivais comme cela…
Ce n’est pas que rien ne se disait, mais cela me semblait ‘si peu’ par rapport à l’ampleur de la douleur, tant
la mienne que la leur.
Des idées me passaient par la tête : « je ne veux pas m’appesantir sur eux » ou « je veux me montrer
courageux », ou encore « je risque d’attiser leur propre tristesse ».

Encore maintenant, trois ans après, je me sens partagé entre le désir de parler de l’absence de Pascale,
librement, en confiance et échanger nos sentiments et souvenirs, et une certaine retenue qui respecte le
secret de chacun dans le chemin de son deuil… Peut-être ont-ils, eux aussi, des lieux de parole avec des
proches, des amis, tout comme moi, j’ai pu en trouver et bien sûr dans « Parents Désenfantés ».
Je n’ai donc pas trouvé l’apaisement par rapport à cette communication et mon cœur oscille tantôt dans la
nostalgie d’une proximité utopique et illusoire du passé et une tentative d’assumer, dans la réalité, cette
éventuelle frustration, dans l’acceptation de ce qui peut se dire au jour le jour.
De toute façon, je me sais ouvert à ce qui pourrait surgir de nouveau dans notre relation, car je garde le
désir, bien vivant, d’une vraie communication avec mes enfants, comme elle se vit concrètement
actuellement dans plusieurs facettes de notre affection familiale.
                                                                                                            Philippe
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