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| Parents désenfantés |
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| Des parents parlent ... |
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| Suis-je encore un papa ? Je m'appelle Ghislain et je suis le mari de Jacqueline; nous sommes les parents de Serge, qui est notre fils unique. Après la mort de Serge, décédé d'overdose à l'âge de 22 ans, je sentais en moi un refus et une colère à entendre les noms des enfants des autres. J'étais complètement bloqué et renfermé, lorsque les parents parlaient de leurs enfants. J'avais le sentiment que, dans mon entourage, personne ne voulait tenir compte de la profonde déchirure que la mort de Serge, notre seul enfant, avait provoqué au plus profond de mon cœur. Je me sentais dépassé par les questions qui me tiraillaient intérieurement, telles que "est-ce que j'étais encore papa ? Puis-je moi aussi parler de Serge, mon enfant ? ». C'est dans ce désarroi total que je suis arrivé chez « Parents désenfantés ». C'est alors que j'ai commencé à faire quelques petits pas, au début avec une grande réserve et beaucoup de détresse. Le jour où j'ai pu exprimer mes émotions et mes sentiments par des mots, alors cela m'a aidé à débroussailler mes pensées, et à accepter la réalité. Quand j'ai osé prendre conscience et dire que je me sentais vraiment abandonné par Serge, j'ai pu aussi voir l'ampleur de ma solitude et notre solitude en couple. Alors j'ai pu comprendre et accepter que j'avais besoin de ne pas m'enfermer seul dans ma souffrance. C'est ici aussi, quand je parle de Serge, que je me sens écouté, compris et accepté, tel que je suis, et cela avec respect et amour. Quand je rentre à la maison après une rencontre, je réalise qu'avec les autres enfants, Serge est présent dans la chaleur de nos cœurs. C'est cela qui me permet aujourd'hui de tendre la main aux enfants des autres. C'est dans la rencontre avec les enfants des autres que je trouve la parole vraie. Cela se passe dans le regard, dans le geste et avec confiance, mais toujours cela se passe dans la sincérité du cœur. C'est dans le contact des enfants des autres, dans l'espace de leurs créativités, de leurs forces et de leurs réalités, que je peux venir à l'essentiel pour moi. Ainsi je ressens que mon amour pour Serge ne meurt pas, il est une présence autre dans mon cœur. Je vous invite, chacun, de prendre soin de cet enfant qui est en nous et un jour, avec lui, de tendre la main aux Autres enfants ou les enfants des autres. Ghislain |
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