On ne parle plus de tout ça
Je suis particulièrement heureux au début du printemps, période où la nature se tourne vers le retour de
la lumière avec une forte envie de revivre.
Marié à 23 ans, j’ai vécu en peu de temps les naissances douloureuses de deux enfants morts-nés.
J’ai aujourd’hui 44 ans et je viens enfin de sortir du monde du silence dans lequel j’avais enfoui ma
souffrance. Je me rends compte que pendant près de vingt ans, je me suis résigné à obéir à la consigne :
« on ne parle plus de tout ça ! ».
Et, j’ai essayé d’oublier, à un point tel que je suis incapable de préciser les dates anniversaires des deux
décès.
Mais la souffrance, ça ne s’oublie pas !
Aujourd’hui je parle de ma vie, de mes sentiments, et je surprends, je dérange ou parfois je rassure mes
interlocuteurs, mais l’essentiel pour moi, c’est de savoir qu’il y a des gens qui acceptent et respectent
mon besoin de parler, mes souffrances et mes larmes.
Michel