Parents désenfantés
Des parents parlent...
Il y a 28 mois que Léa nous a quitté en laissant un vide énorme derrière elle…
Avec elle, s’en est allé la maladie et son stress, les médicaments, les visites à l’hôpital.
Plus de docteurs, plus d’enfants malades, plus d’hospitalisations, du temps beaucoup trop de temps.
Au début, noyés par le chagrin, nous avons survécu tout simplement en laissant passer les jours.
Nos aînés, soulagés de ne plus voir souffrir leur sœur ont repris leur vie tant bien que mal.
Nous avons repris le travail et Léa est partout où nous sommes .
L’entourage ne sait pas tellement quoi faire… « Allez, sortez un peu, cela vous changera les idées !!!! ».
Mais nous n’avons pas envie de nous changer les idées.
Les photos sont partout, elles font souffrir mais pas question de les enlever.
Notre bébé est là, souriante à jamais, accrochée au mur, sur la cheminée etc…
Les semaines, les mois passent, la première année est la plus difficile, dit-on.
Première anniversaire sans elle, première saint Nicolas sans elle, Noël n’est plus une fête de famille car
notre famille n’est plus complète.
Durant cette deuxième année, nous avons réorganisé notre vie ou plutôt elle s’est réorganisée toute seule.
Nous vivons une autre vie, celle de l’après Léa.
Il y a des hauts et des bas, les anniversaires sont toujours aussi douloureux, les fêtes de famille sont
difficiles.
Nous ne voyons plus certains amis et très peu d’autres. Ils ne comprennent pas toujours notre isolement….
Nous ne leur en voulons pas, c’est vrai que nous avons tellement changé…
Dans la vie courante, tout est fait pour nous rappeler notre enfant, à chaque évènement, nous pensons à eux, à
leur absence, à ce qu’ils auraient été.
Malgré tout ce que nous ressentons, nous continuons notre chemin, nos autres enfants nous poussent, eux aussi
ont souffert de la maladie de leur sœur, de notre absence, de voir leurs parents tristes.
Nous essayons d’être positifs et de profiter de chaque instant. Léa nous as appris tant de choses comme le
courage, la volonté et le plus important ; l’amour.
Sans elle, nous serions passé à côté de tout cela, sans elle, nous n’aurions pas pris conscience du bonheur
des instants tout simples passés à ses côtés.
Notre fille était un être exceptionnel, Jaques Brel disait « l’important n’est pas la longueur d’une vie mais
son intensité » et pour Léa ce fut le cas.
Merci Léa de nous avoir tant apporté…..
Merci Léa de nous avoir montré le sens réel de la vie….
Joëlle
Léa