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| Parents désenfantés |
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| Des parents parlent... |
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| En couple, vivre nos différences David : Janet et moi avons deux enfants. Jonathan, notre fils qui a vingt-six ans et qui habite l’Angleterre avec sa femme, Jane. Et Eleanor, notre fille, qui est décédée il y a douze ans à l’âge de vingt-trois ans, à la suite d’un cancer. Janet : Oui, en effet, il y a douze ans depuis la mort de notre fille, Eleanor, et c’est vrai que chaque anniversaire me mène à une longue réflexion. et c’est vrai que son absence me fait toujours mal. Ces dernières semaines je me suis rappelée de cette saison, il y a douze ans, un temps que nous vivions avec la connaissance qu’Eleanor avait un cancer très agressif, et elle continuait malgré tout à avoir une très bonne qualité de vie, alors qu’elle allait probablement mourir dans quelques mois … Je savais à ce moment-là que ma tâche était de l’accompagner jusqu’à la fin de sa vie… La question m’est venue, « Mais comment est-ce que ça va être pour nous, après sa mort ? »… La réponse à cette question se trouve dans tout le chemin que nous avons fait depuis lors jusqu’à maintenant. Tout de suite après la mort d’Eleanor, nous étions bien entourés par les amis et les connaissances. Ce n’était que cinq mois après, quand ces personnes ont repris leurs propres distances et recommencé leurs ‘vies normales’ que je me suis rendu compte de la réalité de sa mort. Nous ne pouvions pas faire ainsi – notre vie ne sera plus jamais la même qu’avant. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à me sentir abandonnée, très, très seule, sans espoir. Je cherchais – quoi, je ne le savais pas – mais je cherchais et j’ai raconté mon histoire à n’importe qui, au coiffeur, au dentiste, au marchand de légumes, un peu partout. Et puis, un jour, j’ai rencontré comme ‘par hasard’, une sœur d’Anne-Marie Thiran, et elle m’a demandé si je voulais le numéro de téléphone d’un groupe de parents qui ont perdu un enfant. Je n’avais jamais imaginé qu’un tel groupe pouvait exister mais j’ai pris le numéro et j’ai tout de suite pris contact. Je savais que j’avais besoin de parler de ma tristesse, de mon chagrin, et j’ai annoncé à David qu’il nous était possible d’être accueilli, par d’autres parents désenfantés. David : J’ai dit, « Oui, je vais t’accompagner pour te soutenir, mais moi, je n’ai pas besoin de ça »… Mais, j’ai découvert que si je n’avais pas besoin de parler, ça me faisait du bien d’être avec d’autres parents qui ont vécu la mort d’un enfant. Et, je reviens toujours, même après douze ans. J’ai évolué et, maintenant, je fais partie de l’équipe. J’ai trouvé un nouveau sens dans ma vie. J’ai trouvé que les personnes sont plus importantes que ma carrière, et j’ai donné une nouvelle priorité à ma vie. J’ai appris la différence entre faire et être. Je me sens de plus en plus être David, le mari de Janet, le père d’Eleanor et Jonathan. Et je me sens être avec chacun de vous dans notre évolution. Janet : Alors, vous voyez que nous sommes venus au groupe non seulement en fonction d’une même expérience, la mort de notre enfant, mais aussi à partir d’une différence de nos besoins. Et puis, à partir de ça, nous avons découvert beaucoup de différences entre nous, bien sûr pas toujours faciles à accepter. Mais avec le soutien du groupe, nous avons pu les exprimer et, au fur et à mesure, nous nous connaissons de mieux en mieux. Nous nous apprécions autrement, et nous découvrons une autre manière, plus profonde, de nous aimer et d’aimer les autres. C’est en suivant ce chemin de deuil, si souvent douloureux et ardu, avec ses hauts et ses bas, dans le partage vrai avec d’autres parents, que nous avons découvert et que nous découvrons encore chaque jour une autre qualité de vie. Janet et David |
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| Suite Joelle |
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