Pour MichaëlJe m'appelle Martine, je suis la maman de trois enfants, Virginie, Michaël et Caroline, mon fils, Michaël s'est suicidé par pendaison quelques jours après son anniversaire de 23 ans, le 18 décembre.
Au plus profond de moi, j'étais désespérée, j'avais bien perçu que quelque chose n'allait pas pour Michaël, mais je ne comprenais pas pourquoi, mais pourquoi n'avait-il rien dit ? Je m'en voulais de ne pas lui avoir parlé «autrement». Un immense flot de culpabilité m'a envahie, je me sentais comme une très mauvaise mère, qu'ai-je faite pour ne pas réussir à lui donner le goût de vivre.
J'avais l'impression de porter sur le front une étiquette «mère d'un enfant qui s'est donné la mort... qui s'est suicidé», comme une condamnée, cela m'obsédait, j'avais honte aussi vis-à-vis de mes parents, ma famille, mes amis, comment vais-je survivre à tout cela.
En faisant le bilan de ma relation avec mon fils, de ce que je n'avais pas pu faire pour l'aider, l'écouter, tout cela m'a permis de me remettre en question et de voir ma part de responsabilité, mais aussi de mon impuissance à rendre les autres heureux malgré eux..
J'ai pu me mettre en colère contre toute cette souffrance que Michaël nous a fait subir, cela m'a libérée d'un grand poids, j'ai aussi compris la grande souffrance dans laquelle il était, qui l'envahissait tout entier et l'isolait de notre monde.
Chez Parents désenfantés, j'ai pu témoigner de ce long chemin douloureux, là je ne me sentais pas jugée, d'autres parents pouvaient écouter eux savaient ce que c'était de perdre ce qui leur était le plus cher.
Doucement, ma grande culpabilité s'est transformé car, malgré le manque terrible de mon grand garçon, mon amour pour lui est toujours aussi vivant et me pousse à aller vers les autres pour donner aujourd'hui un nouveau sens à ma vie, je voulais qu'il soit fier de moi, sa maman.
Jamais je n'aurais cru pouvoir survivre à une telle épreuve. La peur de l'oublier m'a habitée tout un temps, c'est peut-être parce-que je ne pense plus à lui avec autant de regret et de tristesse, pourtant il est bien présent dans ma vie car je partage souvent mes pensées et mes doutes avec lui, cette présence «autre» me donne une certaine paix qui m'a aidé à me réconcilier avec moi-même et la vie.
Martine