Cédric

Je suis la maman de Frédéric et de Cédric.
Cédric est mort d'un arrêt cardiaque le 21 novembre 1995, il n'avait pas encore 17 ans.

Cette mort inopinée et toujours inexpliquée à ce jour a fait voler mon monde en éclats. Plus rien n'avait de sens dans ce face à face avec la mort, physique et psychologique... j'étais anéantie.
J'étais entourée, la famille, les amis et surtout mon mari et mon fils, mais ils étaient eux même en grande souffrance.
Frédéric avait perdu son petit frère et JP mon mari, son fils cadet, son complice avec qui il partageait presque toutes ses occupations ainsi qu'une très grande passion pour les chevaux !
Après quelques mois de « coma » je me suis demandée comment j'allais survivre à un tel drame.
Je me suis souvenue qu'il existait une association pour les parents en deuils. Par l'intermédiaire de mon médecin traitant j'ai eu les coordonnées de «Parents désenfantés». J'ai mis des semaines avant de prendre contact, j'avais l'adresse, mais je ne trouvais pas la force de téléphoner. C'est finalement une amie qui a appelé pour moi.
Je voulais savoir si je pouvais espérer calmer cette tempête en moi, cette révolte, cette rage.
Je cherchais mon fils partout !
J'avais mal et je faisais mal.
J'ai écarté certaines personnes, j'en ai rejoint d'autres. Celles-ci m'ont aidée petit à petit à voir plus clair en moi.
Grâce à l'écoute bienveillante de mon cercle de relations, je peux (encore aujourd'hui) partager ma souffrance et mes émotions à travers des conversations, mais aussi des activités telles que la marche, des cours collectifs et des formations.

J'avance dans la vie mais celle-ci est très différente.

«J'avance» c'est d'ailleurs le titre d'une chanson de Nicolas Peyrac que j'écoutais et qui illustrait parfaitement ma façon de fonctionner du moment.

Aujourd'hui notre famille s'est agrandie: Frédéric a fait sa vie avec Béatrice, ils ont deux enfants Eva et François. Ces deux petits bouts font notre bonheur et nous tirent vers le haut.

Nous voici fin d'année, période encore plus difficile pour nous tous.
Les fêtes de famille, que représentent encore les réjouissances quand l'absence est si cruellement ressentie.
En moi la présence de Cédric est omniprésente, cette cicatrice encore douloureuse m'autorise à vous lire cette formule que JP (mon mari) utilise.
Nous avions l'habitude de regarder (la vie) par une seule fenêtre, un jour celle-ci fut brusquement murée ! Forcés, nous avons ouvert d'autres fenêtres et vu que, Oui, la vie est toujours très belle... Mais nous vivons autrement.

Marie-Anne